dimanche 1 août 2021

Nouvelle Calédonie-La Réunion: "La Longue Route". [mai-juin-juillet 2021] (Récit de Yann Quénet)

Depuis plus de trois semaines maintenant, je n'arrête plus d'être invité midi et soir pour des repas ou des apéros d'adieu; il est temps que ça se termine, je commence à prendre du ventre, à ce rythme, je ne pourrai bientôt plus rentrer dans mon bateau; ça permet quand même de faire quelques réserves et de ne pas trop avoir le temps de penser à la très longue route qui m'attend.



Le matin du départ, plein d'amis sont venus sur le quai pour me souhaiter bon vent et m'emmener quelques gâteaux, bonbons ou boites de sardines, je suis très ému, même si Baluchon est déjà chargé à bloc et que je commence à faire des indigestions rien qu'à la vue d'une boîte de sardine, je n'ose pas refuser.

 



La sortie du port et du lagon se passe tranquille sous un petit vent pépère, je suis accompagné par plusieurs bateaux, et même un moment par la vedette de la gendarmerie maritime, sur le moment, j'ai un petit moment d'inquiétude, j'espère qu'ils ne vont pas me demander les papiers du bateau et contrôler mes équipements, mais non, les gendarmes eux aussi ont fait un petit détour rien que pour me souhaiter bon voyage.


Au sortir de la passe, je me retrouve enfin seul, j'ai une sensation de vertige quand j'ouvre la carte sur ma tablette, le trajet me paraît tout à coup complètement démesuré, je me demande sur le coup si je n'ai pas perdu le sens commun pour me lancer sur une distance pareille sur un si petit bateau.

 



Pour couronner le tout, j'ai une très forte douleur à la poitrine. Dans un moment de délire hypocondriaque, je pense que je suis en train de me faire une petite crise cardiaque, pauvre chouchou ! Je sais bien que l'accueil en Nouvelle Calédonie a été plus que chaleureux et que ça fout les boules de partir, mais de là à passer l'arme à gauche, c'est quand même un peu exagéré, d'autant que j'ai encore plein de choses à faire avant.

En m'allongeant quelques heures, la douleur s'estompe peu à peu, mais je suis tout barbouillé, ce n'est en fin de compte qu'un vulgaire mal de mer mélangé à une sorte de crise d'angoisse .

Au bout de deux ou trois jours, j'arrive à prendre quelques repères et à me réhabituer progressivement au roulis incessant de Baluchon, je retrouve mes innombrables petits bleus tout autour du bassin à force de me cogner contre les bords du capot.

Le pilote automatique fait son boulot bien consciencieusement, mais parfois se met en veille, ça je connais comme panne, c'est juste une connexion électrique pas trop nette, je fais une petite inspection sur toute la ligne, en pulvérisant du nettoyant contact et en grattouillant les connexions, mais malgré ça, ça recommence de plus en plus souvent, bizarre comme truc ?! Je vérifie alors les batteries et là horreur ! l'une d'elle dépasse à peine les 11volts et 11,5 pour l'autre, ce n'est pas ce qu'on peut appeler la grande forme pour des batteries. 

 


Pourtant les deux petits panneaux solaires débitent de l'électricité convenablement, je ne devrais pas les avoir si vides. En essayant de les charger une par une, celle de 11v ne veut plus rien charger du tout, l'autre arrive péniblement à 12v en toute une journée de charge pour redescendre tout doucement pendant la nuit sans qu'il n'y ai rien de branché dessus, bref, elles sont carrément mortes. C'est comme ça chez les batteries! Quand une claque, l'autre, par solidarité claque aussi, c'est beau et noble, mais moi, ça ne m'arrange pas du tout, j'ai encore près de 6800 milles à parcourir avant le prochain magasin de batterie. 

Pendant un instant, j'envisage de faire demi tour vers Koumak, une petite ville au Nord de la Nouvelle Calédonie qui n'est encore qu'à vingt quatre heures de navigation, de là, en seulement quelques heures de car, je pourrais rejoindre Nouméa et m'acheter une nouvelle batterie, facile! Mais rien que l’idée de faire demi tour me rebute au plus haut point, non ! 

Pas question de revenir en arrière, cap à l'Ouest coûte que coûte.Il faut juste trouver un moyen pour faire naviguer Baluchon tout seul, le reste pourra très bien ce faire sans électricité. Depuis mon départ de France, j’annonçais crânement à qui voulait bien l'entendre que mon bateau était si bien conçu et équilibré qu'il pouvait très bien naviguer sans pilote, c'est le moment de le prouver, j'essaye plein de petites astuces délirantes, rien n'y fait, Baluchon n'arrive pas à garder son cap plus d'un e demi heure, avant qu'une vague ou une bourrasque le fasse dévier de sa route. Ça me contrarie un peu. Il faut absolument que je bricole un régulateur d'allure de fortune. 

Il me faut pratiquement une journée de cogitation pour imaginer avec le peu de matériel que je possède à bord, une sorte de grosse girouette qui agira sur la barre quand le bateau dévira de cap par rapport au vent. Au début, je suis un peu sceptique quant à l'efficacité de ma girouette, je me mets en tête qu'il me faudra plusieurs jours de bidouillage pour trouver un résultat à peu près correct, mais qui n'essaye rien n'a rien.Miracle! Au bout du deuxième essai, la girouette marche à la perfection, c'est tellement étonnant que je reste presque une heure comme un nigaud à regarder hypnotiquement cette sorte d'installation de bric et de broc barrer parfaitement. Bien sûr, ça demande un peu de subtilité dans la tension des drosses et il faut que la voile soit impérativement réglée au quart de poil, mais l'ensemble fonctionne en silence et avec efficacité, c'est quasiment magique, je décide de baptiser la girouette Bébert (un clin d'œil à mon copain Bébert de Bretagne qui lui, ouvre tout le temps sa gueule et est totalement inefficace ). J'essaye d'améliorer un peu le système mais comme toujours, le mieux est l'ennemi du bien, ça marche moins bien, je remets le tout comme au départ et me jure de ne plus toucher à rien tant que ça fonctionnera. 

Je reprends mon chemin serein, laissant à la batterie la moins faible le fonctionnement du détecteur AIS, ça tiendra le temps que ça tiendra...j'ai un feu de navigation de secours à pile pour quand je croise un autre bateau. Pour ma tablette et ma liseuse, je les charge directement au cul d'un des panneaux et ça marche parfaitement. Ça aurait été vraiment trop bête de faire demi tour pour si peu. 

En arrivant, une vingtaine de jours plus tard, à l'entrée du détroit de Torres entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Nord de l'Australie, le temps jusque là gris et maussade se met au beau, le ciel devient tout bleu et la mer turquoise, j'en profite pour faire sécher mon matelas et l'intérieur du bateau. Depuis une bonne semaine, la mer était devenue assez vicieuse et roublarde pour m'envoyer des paquets de mer en veux tu en voilà, surtout quand j'avais besoin de sortir la tête du capot pour régler Bébert, ce qui me donnais à chaque fois la joie de prononcer quelques jurons bien dégoulinants.

L'intérieur de Baluchon est trempé, poisseux et saturé de sel, ça pue le moisi, la sueur, la pisse et le poisson pourri et je n'ai plus de vêtements secs, c'est pas vraiment la joie.

Le détroit avec ses innommables récifs et ses courants sournois se montre très indulgent envers moi avec un petit vent modéré, j'avais fixé la date de mon départ de Nouvelle Calédonie afin d'arriver ici pendant la pleine lune, ce qui fait que je distingue parfaitement les récifs et les îlots en pleine nuit. 


 

Mais ce que je redoutais le plus en rentrant dans la zone Australienne était la réaction des gardes côtes. Depuis Nouméa, j'en avais entendu de histoires sur ces fameux gardes côtes, des trucs de dingue, du style tu peux avoir une amende de plusieurs millions de dollars voir même faire un séjour en prison juste parce que tu t'es trompé d'un numéro dans l'adresse de ton hôtel ou que tu as oublié une pomme de ton déjeuner dans ton sac à dos, bref, pour un client dans mon genre, avoir affaire à des gens un peu trop stricts m'inquiétait un peu, d'autant que d'après ce qu'on m'a dit, des avions survolent la zone du matin au soir pour te poser sans cesse une liste de questions longue comme le bras, moi qui déteste causer à la radio, ça s'annonce mal.Quand j'ai aperçu mon premier avion de contrôle, cela faisait déjà vingt quatre heures que je zigzaguais bon an mal an parmi tout un tas d'îlots coralliens, j'ai bien préparé ma vhf portable ainsi qu'un petit papier, où j'avais écris plein de choses sensés intéresser des douaniers tel que: ma date de naissance, la pointure de mes chaussures, le nom de jeune fille de ma grand mère ou la couleur de mon caleçon. Je me suis bien raclé la gorge en attendant fébrilement. Quand l'appel est venu, le douanier à l'autre bout était très courtois, il m'a juste demandé d'où je venais et où j'allais comme ça dans mon petit "vessele", il m'a aussi demandé la taille de mon bateau, quand j'ai répondu, j'ai entendu des grands wouah et des rires dans la cabine de l'avion, l'opérateur m'a alors souhaité bon voyage dans mon "incredible" aventure. Quand l'échange s'est terminé et que l'avion s'est éloigné, je me suis retrouvé tout chose et tout ému. Quel sacré ce Baluchon! pouvoir rendre sympathiques des hommes passants pour les plus psychorigides du monde, c'est pas donné à tout le monde quand même.

Malgré le manque de sommeil et la fatigue, je passe petit à petit et assez facilement le labyrinthe de Torres, jusqu'à qu'à frôler l'île Hammond, juste à côté de l'île du Prince de Galles tout au Nord de l'Australie, en fait, ce n'était pas vraiment nécessaire pour moi de descendre si près de la côte mais j'avais en tête de pouvoir capter le réseau téléphonique Australien histoire d'envoyer quelques nouvelles, bingo ! ça marche je reçois un SMS: mon opérateur m'accompagne en Australie (sympa!), j'envoie quelques messages,mais je n'arrive pas à capter internet, pas grave, j'essaierai de me rapprocher à nouveau de la terre plus tard, pour l'instant, il fait nuit et je suis naze, j'entreprends la dernière partie du chenal.

 

Je croise trois gros cargos à la queue leu leu, nos routes se coupent d'un peu près c'est vrai, mais j'ai assez de vent pour manœuvrer et les éviter, mais les cargos eux, on l'air un peu sur les nerfs, deux d'entre eux actionnent leurs sirènes comme des gros tarés semblant me dire "dégage de là connard!" je suis le seul autre bateau dans le coin et je le prends pour moi. Comme par hasard, l'internet sur mon téléphone se met en fonction juste à ce moment, ça envoie des dizaines de bibs de notifications, vingt jours d'abstinence numérique et ça déclenche autant d'alarmes que sur un avion de lignes en détresse, et ces putains de cargos qui recommencent leur cinéma avec leurs sirènes, tous ces bruits me stressent à mort, à tel point que je suis à deux doigts de sortir ma vhf pour «prier» à ces klaxoneurs de mes deux de fermer leurs grandes gueules.

Finalement je fais un grand détour pour éviter ces mauvais coucheurs et pour me calmer un peu, je dois être vraiment crevé pour me mettre dans un état pareil, il faut absolument me reposer et reprendre des forces dans les prochains jours, d'autant que j'en suis à à peine un quart du parcours. 

 


J'arrive quand même à envoyer un post sur les réseaux sociaux et quelques messages personnels, je parcoure en vitesse mes mails: rien d'important pour moi, j'éteins vite fait le téléphone et reprends mon cap à l'Ouest.Quelques heures plus tard, je suis enfin sorti du détroit, je me fais une bonne plâtrée de nouilles lyophilisées avec une tonne de fromage en poudre et m'allonge pour un bon roupillon, mais, en mettant l'alarme pour 40 minutes de sommeil, j'oublie de l'enclencher, je me réveille presque quatre heures plus tard en plein jour en plein milieu d'une zone infestée de cargos, pas vraiment prudent comme attitude. La prochaine fois, il faudra mieux gérer mon sommeil et les retours, même momentanés à l'approche du monde des gens. 

La suite, la traversée de la mer d'Arafura et la mer du Timor, qui consiste à longer tout le Nord de la Côte Australienne, se relève aussi ennuyeuse que navrante. Ennuyeuse car le vent faiblart et toujours pile vent arrière m'oblige à tirer de grands bords à la vitesse d'un bigorneau. Navrante également, car la mer est quasiment recouverte de déchets plastiques, c'est la première fois depuis mon départ que j'en croise autant, l'être humain est vraiment un sacré sagouin quant on y pense. Tout cela, ajouté avec déception de ne pas pouvoir m'arrêter en Australie, point d'orgue initial de mon voyage, me fait paraître cette partie de l'étape très longue et très morose. Pour me consoler, en passant au large de Darwin, je me rappelle du roman de Douglas Kennedy: piège nuptial. C'est peut-être une bonne chose après tout cette pandémie, car, dans l'affligeant état de manque de douceur féminine dans lequel je me trouve, j'aurais moi aussi été tout à fait capable de prendre cette auto-stoppeuse complètement maboule en plein milieu du bush Australien.

Autre point positif: je suis en permanence sous des ciels d'une beauté à tomber par terre, les levés et couchés de soleil sont époustouflants, ça ne compense évidemment pas le fait de naviguer sur une mer de plastique dégueulasse, mais ça met quand même un peu de poésie dans le paysage. 

 


Au bout d'une vingtaine de jours, j'arrive enfin à atteindre l'Océan Indien, le manque de vitesse est à deux doigts de me rendre fou, j'en suis presque à réclamer à corps et à cri un peu de vent. Mon royaume pour de l'alizee ! Ha tu veux du vent mon petit père!? Attend un peu ,en voilà!À peine 100 milles après le point le plus à l'Ouest de l'Australie, le vent vire enfin au Sud Est, chouette ! Mais cette fois, ce n'est pas de l'alizee de fillette comme dans le Pacifique, c'est bien plus musclé, le vent, pendant presque tout le reste du parcours va pratiquement rester constamment aux alentours des 35 nœuds, ce qui commence à être un peu beaucoup pour un bateau de 4 mètres. 

 


Mais je sens mon petit Baluchon dans son élément, content de lutter contre la mer et le vent. Les moyennes journalières descendent rarement en dessous des 100 milles malgré l'état de la mer chaotique, quelques fois, quand le vent mollit et atténue un peu les vagues, j'arrive à parcourir jusqu'à 120 milles dans la journée, ça change de mes piteuses moyennes Australiennes. 

En dépit du manque de confort extrême, je suis moi aussi super heureux d'être là, je n'échangerai ma place pour rien au monde.Pour donner un ordre d'idée des conditions de navigation, il faut s'imaginer coincé dans bobsleigh qui dévalerait une piste de noire de ski de près de 6000km préalablement pilonnée par l'artillerie d'une armée Teutone en grande forme.

 

Plusieurs fois par jour, Baluchon reçoit des claques monumentales qui l'envoient direct au tapis, il s'en suit alors un court moment de silence avant qu'il ne se redresse face au vent. Le minuscule bout de voile en place se met alors à fasseyer comme alcoolique Breton atteint de la maladie de Parkison, provoquant des vibrations délirantes dans tout le bateau, puis Bebert remet petit à petit Baluchon sur son cap qui repart de plus belle affronter les vagues suivantes. 

J'arrive à développer une sorte de sixième sens, dès que je sens qu'on va se prendre une nouvelle trempe et se coucher, je mets immédiatement les pieds au plafond ce qui m'évite de me faire éjecter de ma couchette.Tous les objets qui ne sont pas parfaitement amarrés sont également catapultés sous les coups de butoirs, c'est de cette façon que mon précieux couteau suisse, ma lampe frontale et mes lunettes de lecture sont plus d'une fois envoyés valdinguer dans l'immensité de la cabine, je mets à chaque fois des plombes pour les retrouver en fouillant partout dans le bateau qui secoue comme un dément.Coincé comme je peux sur ma couchette, j'essaye tant bien que mal de continuer à avoir un semblant de vie "normale", je passe mon temps entre, rêvasser, lire, manger froid et dormir, quand j'arrive à avoir suffisamment d'électricité pour ma tablette je mets en boucle "la grange" mon morceau préféré de ZZtop, je trouve que ce bon vieux rock basique s'accorde parfaitement aux conditions et au rythme de cette traversée. 

Au niveau lecture: J'arrive péniblement à terminer voyage au bout de la nuit de Céline : trop noir et déprimant pour moi, puis un Giono: pas mal, ça me dépayse de mon univers aquatique les histoires d'hommes de la terre. Je relis aussi le vieille homme et la mer, même question que lorsque je l'ai lu pour la première fois à onze ans: pourquoi diable le vieil homme, pendant qu'il avait encore son couteau, n'a pas débité le maximum de morceaux de l'espadon avant de tout se faire piquer par les requins ? Suis je trop terre à terre pour les allégories sociales ? Je remet aussi sur le tapis Baudelaire que je n'avais pas encore réussi à apprécier malgré de nombreuses tentatives, cette fois j'essaye de lire à haute voix, debout, le buste sortant du capot, recevant des paquets de mer en pleine gueule en retour, je déclame les vers à l'océan, à quelques poissons volants et à des oiseaux de mer qui on l'air de s'en foutre complètement, c'est peut être ça le secret de la poésie, il faut être debout et avoir un public. mais pour être honnête, le support n'est pas du tout adapté, lire de la poésie sur une liseuse électronique ne peut pas vraiment apporter de stupeur Stendalienne, chose à faire à la prochaine escale: se procurer une version papier des fleurs du mal, je m'essaie également à la philosophie histoire de ne pas trop passer pour un ignare si un jour je croise un intello, j'attaque Nieitzsche, mais c'est totalement incompréhensible pour moi, j'ai beau relire deux,trois,quatre fois la même phrase je ne capte que dalle, qui peut comprendre ce genre de texte? J'abandonne au bout d'une dizaine de pages et me rabats sur des recueils de nouvelles de Bukowski, ce type est un génie.

 

En passant au large de l'île Rodrigue à 450milles de l'arrivée, je me rapproche de la côte pour pouvoir capter le réseau téléphonique, mais rien que le fait de mettre un post et d'envoyer un message par internet, je reçois immédiatement une facture de 50 euros, Bim ! 

 

Prend ça dans ta face! J'éteins illico et sans demander mon reste mon téléphone, c'est sans doute le prix à payer pour pouvoir donner des nouvelles, à priori mon tracker n'envoyait plus de signal depuis un bon moment ça devrait rassurer la famille et les potes.

 


En vue de l'île de la Réunion au bout de 77 jours de mer, je suis bien content,j'ai vraiment repoussé mes limites et beaucoup appris sur moi même et sur lamer pendant cette très longue étape. 

 

Fresque réalisée par Eric Marech

Certes, il y a eu pas mal de journées bien galères, mais dans l'ensemble à part l'épisode des batteries, je n'ai pas rencontré de problème technique, j'ai eu assez de nourriture, j'ai eu aussi assez d'eau en récupérant, en plus des 110 litres embarqué au départ une trentaine de litre d'eau de pluie, plus une dizaine par le dessalinisateur manuel. 


 

Arrivée au port à la godille, pas mal de gens sont sur le quai pour m'accueillir,c'est la première fois depuis le début de mon périple que ça m'arrive, quelqu'un agite même un drapeau Breton, c'est trop sympa, mais dès que je mets les pieds sur le ponton, mes jambes arrivent à peine à répondre à mes ordres, j'ai un mal fou à marcher droit, ça fout un peu la honte, tout le monde doit penser que je suis complètement bourré et que j'ai abusé de la mignonnette de rhum qu'on m'a offert au départ, Mais quelle mauvaise image de la Bretagne je dois donner !?

 

Dès les formalité portuaires et douanières effectuées, plein de gens font la queue sur le ponton pour venir me parler et pour m'emmener quelques victuailles, ça me fait tout drôle après tout ce temps tout seul en mer, cette escale a la Réunion promet elle aussi d'être des plus agréable!